Tchad: L’exportation du bétail négativement impactée par la secte terroriste Boko-Haram

Tchad: L’exportation du bétail négativement impactée par la secte terroriste Boko-Haram

Le Tchad dispose de plus de 100 millions de tête de bétail, issus de l’élevage. Les recettes sur le bétail effectuées lors des exportations vers les pays voisins, sont évaluées tous les ans à 37,5 milliards de F CFA. Et constituent la deuxième source de revenus du Tchad après le pétrole. Le bétail représente donc, 53 % du PIB national. Il est à noter que 40 % de personnes vivent de l’élevage sur 14 millions d’habitants au Tchad, selon l’agence nationale d’Investissement et d’exportation (ANIE).

Mais depuis 2015, le Tchad est confronté à des crises sécuritaires sans précédent, provoquées par des attaques intempestives de la secte islamiste de Boko-Haram. Des crises qui ralentissent les perspectives de croissance économiques du Tchad. Ce qui a fait que les recettes annuelles issues du bétail, sont réduites de moitié.
L’exportation du bétail nourrit environ 6 millions de Tchadiens. Mais avec l’avènement de Boko-Haram les données ont changé. Les mouvements des populations restent toujours tributaires du contexte sécuritaire volatile, notamment dans les parties des provinces limitrophes du Niger, du Nigéria et du Cameroun. La fermeture des frontières du Tchad avec ses voisins et les restrictions des mouvements, ont eu un impact négatif sur les revenus de l’exportation du bétail. Les éleveurs sont contraints de trouver des débouchés alternatifs aux marchés internes du pays.

Très déçus par leurs activités qui fonctionnent au ralenti à cause des défis sécuritaires qui impactent négativement leur mode de vie, les éleveurs ne manquent pas de relever les difficultés auxquelles ils font face quotidiennement. De leurs avis, il n’est pas évident pour eux de profiter du fruit de leurs efforts, tant les obstacles sont nombreux telle la crainte pour leur propre sécurité. Selon Mahamat Adam Adami, les éleveurs du village de Barlam Bassali dans le département de Kawa, à l’Est de Bagasola dans la province du Lac, qui osent exporter leur bétail sont enlevés, et parfois, ils sont soit égorgés soit décapités par Boko haram lors de l’exportation des bétails vers les pays voisins.
Boko haram enlève également leurs têtes de bétails : « nous sommes nés éleveurs et nous n’avons que cette activité pour prendre soin de nos familles, mais Boko-Haram a changé notre mode de vie et nous souffrons. A chaque fois que nous essayons d’avancer dans notre activité, les membres de nos familles se font décapiter sur les routes ou notre bétail est enlevé. Cette situation est vraiment insupportable », s’écœure Mahamat Adam Adami. Interrogé sur ce que traversent ces éleveurs, le chef de canton de Nguélia 1, Youssouf Mamadou Affono, indigné souligne que la crise sécuritaire a créé des entraves au développement économique du Tchad, a-t-il soutenu.

Deuxième source de devises après le pétrole, le bétail n’est plus exporté vers le Nigeria, le Cameroun, ses principaux clients comme auparavant, à cause des activités de la secte Boko-Haram. Les éleveurs le font avec beaucoup de difficultés en contournant les frontières au risque de se faire tuer. Les troupeaux sont convoyés du Tchad par la route du pont de Ngueli, situé au sud de N’Djaména, la capitale tchadienne, à la frontalière avec le Cameroun. Ils traversent le Cameroun et poursuivent leur périple vers Maiduguri capitale de l’État de Borno située au nord du Nigeria, où ils sont embarqués dans des camions vers d’autres grands marchés. Alors que sur place au Tchad, sur le marché à bétail, dans le 8ème arrondissement de N’Djaména, des centaines de bœufs et de moutons plutôt gras broutent leurs bottes de paille. Les éleveurs veulent à tout prix vendre les animaux pour limiter leur souffrance, mais ils sont découragés par les prix que leur proposent les clients locaux. Ces prix sont souvent en dessous de leur attente. Par exemple, un bœuf qui était vendu à 300 mille voire 400 mille F CFA avant la période de Boko haram, est vendu aujourd’hui à 100 mille voire difficilement 150 mille F CFA.
80% du budget de l’Etat tchadien repose sur les recettes pétrolières. Ce qui fait que depuis la chute du prix du pétrole, le pays est durement frappé par la crise économique. Si le Tchad veut échapper au déficit économique, il doit diversifier son économie en développant entre autres, le secteur de l’élevage afin d’amortir les chocs économiques et compenser les pertes de recettes budgétaires.

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